Suggestions

Spécialités les plus consultées

Suggestions

Choisissez une région

Espace Pro
/ / Loi Evin, le retour en force des pubs pour l’alcool ?

Loi Evin, le retour en force des pubs pour l’alcool ?

Rédigé par , le 12 June 2015 à 11h52

Vous aimez cet article ?
Les députés acceptent l'amendement d'assouplissement de la loi Evin

Les députés acceptent l'amendement d'assouplissement de la loi Evin

Depuis le début de la semaine, le débat était dans toutes les bouches. Faut-il modifier et alléger la loi Evin visant à contrôler rigoureusement les publicités sur l’alcool ? Le gouvernement et particulièrement Marisol Touraine, s’étaient insurgés face à l’amendement proposé par Gérard César (Les Républicains). Pourtant les députés ont choisi de ne pas le supprimer. Un pas de plus vers la suppression totale de la Loi Evin ? 

Un amendement pour assouplir la législation sur la publicité des boissons alcoolisées

Mercredi soir, les députés ont préféré ne pas supprimer l’amendement souhaitant assouplir la loi Evin sur la publicité pour l’alcool, adopté début mai par la Haute Assemblée. Marisol Touraine, la ministre de la Santé et Stéphane le Foll, porte-parole du gouvernement avaient recommandé de s’en tenir aux textes actuels.

La loi Evin, adoptée en 1991, n’interdit pas totalement les publicités sur l’alcool mais les encadre avec beaucoup de rigidité. Pour le sénateur Gérard César, l’auteur de cet amendement, il faut faire la différence entre communication et publicité sur l’alcool. À l’avenir, une attaque en justice sur une publicité d’une boisson alcoolisée devra être accompagnée d’une preuve démontrant que la personne fait la promotion de l’alcool mais également que cette communication est « susceptible d’être perçue comme un acte de promotion par un consommateur d’attention moyenne », précise le sénateur.

Les pubs pour l'alcool seront-elles moins contr?l?es ?

Vers la disparition de la loi Evin ?

Claude Evin, l’ancien ministre de la Santé et l’auteur de la loi éponyme, s’est montré consterné par la possibilité de voir disparaître sa loi : « Cet amendement libérera de facto la possibilité de faire de la publicité en faveur de l’alcool, et ce quasiment sans limite. » a-t-il déclaré au Parisien. À ses côtés, se rangent les associations prévenant des dangers de l’alcool. C’est le cas d’Alain Rigaud, président de l’Association nationale de prévention en Alcoologie (ANPAA) : « Elle représente un véritable danger en détruisant la loi Evin de l’intérieur » témoignait-il auprès du Figaro. Pour supprimer une publicité des écrans ou des affiches, il faudra prouver le lien commercial entre le produit et l’annonceur. Le risque est de faire face à de nombreuses futures publicités indirectes mettant en scène des célébrités, par exemple.

Pub de pr?vention contre l'alcool au volant

La nouvelle a cependant été accueillie avec enthousiasme par l’ensemble du groupe viticulture de l’Assemblée Nationale, dont la députée socialiste et viticultrice Catherine Quéré est présidente : « Il garantit un cadre clair pour la survie de notre viticulture, pour le développement des projets oenotouristiques locaux ».

Pour le député PS Gilles Savary, la réaction du gouvernement était la traduction d’une surréaction. L’amendement « ne remet nullement en cause, ni l’esprit, ni la lettre de la loi Evin, mais vise à éviter que, dans notre pays, dont la tradition viticole ancestrale s’est fortement imprimée dans la culture, et désormais dans notre économie et dans les rares succès de notre commerce extérieur, il devienne risqué pour un journaliste, un cinéaste ou un romancier d’évoquer nos produits vinicoles ou d’y faire référence » a-t-il justifié.

Ancienne publicit? pour la bi?re

Quant aux dangers et aux avantages de l’amendement de la loi Evin, les avis sont mitigés. On redoute un regain d’intérêt sensible pour les boissons alcoolisées,  dont les Français restent sur le podium des plus gros consommateurs d’alcool au monde. 

Vous aimez cet article ?
L'auteur
Charlotte Canonne

Charlotte Canonne

Rédactrice

Bio

Passionnée de journalisme et de littérature Charlotte a rejoint le journal d'Allo-Médecins en janvier 2015.Voir plus

commentaires