Vers la réhabilitation des graisses dans l’alimentation
Rédigé par La Rédaction , le 04 July 2017 à 14h51

Certains lipides sont essentiels pour notre équilibre.
Depuis cinq décennies, les graisses sont considérées néfastes pour la santé et bannies de notre alimentation. Elles sont mises en cause par les médecins et les nutritionnistes dans l’épidémie d’obésité dans les pays occidentaux. Pourtant, une étude parue dans le British Medical Journal dénonce la légitimité de ces recommandations nutritionnelles.
Bannissement des graisses pour une surconsommation de glucides
Le postulat ayant conduit au bannissement des graisses de notre alimentation serait même à l’origine de l’actuelle épidémie d’obésité d’après Philippe Legrand, directeur du Laboratoire de biochimie-nutrition humaine à l’INRA. Pour cause, ces recommandations nutritionnelles concernant les lipides ont incité la population à consommer plus de sucres. Tel est le cas aux Etats-Unis au début des années 1980.
Longtemps réputés adeptes du fast-food, les Américains ont en effet modifié leurs habitudes alimentaires pour modérer significativement leur consommation de graisses. Désormais, elle ne représente que 33% de leur apport énergétique. Pourtant, le pourcentage d’adultes atteints de surpoids ou d’obésité continue d’augmenter pour atteindre 70%. Cela favorise les risques cardiovasculaires et l’apparition de diabète de type 2.
Comme la restriction des graisses a causé une surconsommation d’aliments glucidiques, les chercheurs réexaminent actuellement les impacts de la consommation de lipides sur la santé. Ces aliments présentant un fort index glycémique stimulent la sécrétion d’insuline, hormone nécessaire à la constitution de réserves. Or, les excédents de glucides non utilisés en dépenses énergétiques sont transformés en graisses par l’organisme.
Réévaluation des ANC, apports nutritionnels conseillés, en lipides
A ce jour, il n’existe pas encore d’études sur les types et les quantités d’acides gras à manger chaque jour selon le Pr Eric Bruckert, responsable de l’Unité d’exploration métabolique pour la prévention des maladies cardiovasculaires de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière. En attendant, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation a revu à la hausse la part de graisses préconisée dans l’alimentation.
Pour une bonne santé cardiovasculaire, les précédentes recommandations ont fixé à 30% des apports caloriques journaliers la part des lipides pour un adulte dépensant 2 000 Kcal. Depuis, celle-ci est portée à 40%. Les lipides contribuent aussi à la fluidité des membranes cellulaires. Par ailleurs, le cholestérol est utile au développement du cerveau et la production d’hormones sexuelles.
Ainsi, les lipides sont essentiels au bon fonctionnement de l’organisme. Afin de prévenir tout risque, il est fondamental de ne proscrire aucune graisse alimentaire à l’exception des graisses trans dont la nuisance est établie. Certains acides gras comme les Oméga 3 ont même un effet protecteur contre les maladies chroniques comme le cancer.