Burn-out : bientôt reconnu comme une maladie professionnelle ?
Rédigé par Charlotte Canonne , le 29 May 2015 à 11h04

Le burn-out reconnu comme une maladie professionnelle ?
Le projet porté par l’ancien ministre du gouvernement Ayrault, Benoît Hamon, était en discussion depuis plusieurs semaines. C’est désormais officiel, depuis mercredi, le burn-out a reçu une forme de reconnaissance par les députés, cette maladie qualifiée « d’épuisement professionnel » pourrait être reconnue comme une véritable maladie professionnelle. L’amendement sera inscrit dans le projet de loi sur le dialogue social affirmant que les maladies psychiques pouvaient être reconnues comme des maladies professionnelles. Une avancée phénoménale sur un débat qui semblait ne pas trouver d’échappée.
Des maladies psychiques reconnues comme maladies professionnelles
Après une reconnaissance difficile et de nombreuses discussions, le burn-out disposera peut-être d'une reconnaissance comme maladie professionnelle. L’hémicycle a inscrit les amendements des députés PS et du gouvernement dans le projet de loi sur le dialogue social porté avant eux par l’ancien ministre Benoît Hamon et cosigné par tout le groupe socialiste. « Les pathologies psychiques peuvent être reconnues comme maladies d’origine professionnelle ».
La prise en compte des pathologies psychiques s’effectuera par le système complémentaire de reconnaissance des maladies professionnelles. En effet, les motifs de l’amendement gouvernemental insistent sur la complexité et la spécificité de cette maladie, ce qui l’empêche d’être inscrite directement sur le tableau des maladies professionnelles qui n’est pas adapté aux « particularités ». Pour être pris en charge par les caisses primaires d’assurance maladie et les comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles, des praticiens spécialisés en psychiatrie pourront être appelés à examiner les dossiers des malades.
Un mal moderne qui divise
Même si l’inscription dans le projet de loi est une grande avancée vers la reconnaissance de la maladie, le ministre du travail François Rebsamen reste réservé sur la question. Il reconnaît que les « maladies psychiques liées au travail, en particulier le syndrome d’épuisement professionnel, dit burn-out, sont une réalité » mais il reste malgré tout sur la réserve en parlant d’un « problème complexe ».
Benoît Hamon, quant à lui, garde espoir quant à la reconnaissance de « ce mal moderne du travail auquel des centaines de milliers de compatriotes sont exposés », les exigences de rentabilité et l’irruption des nouvelles technologies n’aidant en rien les victimes de cette maladie.
L’inscription de ces amendements dans le projet de loi sur le dialogue social représente beaucoup pour les nombreuses victimes de ce mal nouveau. À quand une véritable reconnaissance ?